La danseuse et chorégraphe Maïmouna, qui enseigne
depuis 10 ans notamment dans la célèbre Ecole
de danses du Marais (Paris IV), a conçu cette œuvre
comme un melting-pot de musiques, de danses et de chants
d’influences africaines et afro-américaines,
avant tout vectrices de messages populaires.
L’opposition, certes présente, mais aussi l’étonnante
similitude entre les rythmes traditionnels (danses, chants
et percussions africaines) et modernes (N’dombolo,
Coupé-décalé) illustrent à merveille
ce mélange de cultures dont les jeunes africains
des banlieues sont aujourd’hui les réceptacles
vivants, et le choix qui leur est donné d’intégrer
leur double culture ou au contraire de la rejeter.
C’est ainsi que sur plus d’1h10 de musiques
au rythmes frénétiques, l’histoire de
Mariamou et des siens prend vie à travers 7 tableaux
où s’entremêlent en un ensemble cohérent
Ragga, Dancehall, N’dombolo, Coupé-décalé,
mais aussi danses traditionnelles de l'Afrique de l'Ouest,
Afro-Contemporain, Krumpin’, Rn'B et Modern' Jazz.
«
Les danses contemporaines sont aussi indispensables que
les danses traditionnelles africaines ; on s’exprime
à travers les mouvements, on évacue les tensions,
on extériorise toutes les mauvaises ondes. Si vous
remarquez bien, les danses actuelles qui sont le plus à
la mode proviennent des endroits où la misère
est la plus grande, des pays marqués par les guerres
civiles… Le Coupé-décalé est
indissociable des événements de la Côte
d’Ivoire, certains pas du N’dombolo sont une
allusion franche à la guerre (« hélicoptère
», « salut de commandant », « position
de tir »…), le Krumpin’ est le fruit de
violentes émeutes provoquées par des jeunes
du ghetto de Los Angeles.
De la même façon, les pas de Dancehall ont
été créés les jeunes des banlieues
jamaïcaines et personne n’ignore d’où
est vient le Hip Hop. Toutes ces danses résultent
de la rue, des souffrances, des frustrations, et constituent
un moyen de s’évader de la misère et
des malheurs. La danse peut être pour ceux qui étouffent
une véritable thérapie ».